Le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont de nombreuses agences du système des Nations Unies, pourrait avoir des conséquences durables pour la Caraïbe. Si l’annonce a surtout suscité des réactions en Europe et en Amérique du Nord, ses effets sur les petits États insulaires restent largement sous-estimés.
Dans une région fortement exposée aux impacts du changement climatique, à la dépendance énergétique et aux contraintes budgétaires, ce désengagement dépasse la seule question financière. Il affecte des mécanismes essentiels de coopération scientifique, d’assistance technique et de négociation multilatérale.
Des institutions clés pour la région
Parmi les organisations concernées par le retrait américain, figure la CEPALC qui joue un rôle central dans l’analyse du développement, de la dette et de la vulnérabilité climatique en Amérique latine et dans la Caraïbe. Même si les États-Unis n’en étaient pas un contributeur financier majeur, leur retrait modifie les équilibres politiques internes et renforce l’influence d’autres acteurs internationaux.
La décision de l’administration Trump touche également la CCNUCC, cadre fondamental des négociations climatiques mondiales. Pour la Caraïbe, régulièrement frappée par des ouragans, l’érosion côtière et la montée du niveau de la mer, l’affaiblissement du multilatéralisme climatique intervient à un moment critique.
Le retrait américain du GIEC et de la IPBES suscite également des inquiétudes. Ces deux instances fournissent les bases scientifiques des politiques climatiques et de conservation de la biodiversité, des enjeux vitaux pour les écosystèmes caribéens.
Enfin, l’annonce concernant l’IRENA intervient alors que la transition énergétique est perçue comme un levier stratégique pour réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles.
Un impact politique
Au-delà des budgets, le retrait des États-Unis pose des questions fondamentales : quels espaces multilatéraux resteront réellement accessibles aux petits États insulaires ? Comment évolueront les rapports de force entre grandes puissances ? Et quelles conséquences pour la capacité de la Caraïbe à planifier son adaptation climatique et son développement ?
Plusieurs responsables internationaux ont dénoncé un recul du leadership mondial et de la coopération scientifique, rappelant que les crises climatiques et environnementales ne connaissent pas de frontières.
Une région face à un choix stratégique
Face à ce désengagement, la Caraïbe pourrait être contrainte de renforcer ses alliances Sud-Sud, de consolider ses partenariats avec l’Union européenne et d’investir davantage dans ses propres mécanismes régionaux. Dans un contexte d’intensification des chocs climatiques, le multilatéralisme demeure pour la région non pas une option, mais une nécessité.




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